Éric Delphin Kwégoué

Saison 21-22

Pour la seconde période de résidence de la saison, entre janvier et juin 2022, ARCHE Agglo accueille Éric Delphin Kwégoué pour son projet d'écriture Dieu ne fume pas le chanvre. L'auteur se propose de faire dialoguer plusieurs styles, genres et formes littéraires et d’art de la parole dans un travail collaboratif avec des acteurs culturels du territoire, comédien·ne•s, poète ou slameur, metteur•se en scène de théâtre de marionnettes, orchestres de jazz et de métal.

 

ÉRIC DELPHIN KWÉGOUÉ

Éric Delphin Kwégoué a commencé sa carrière d’auteur par la poésie et la chanson. En 2008 il écrit sa première pièce de théâtre, L’ombre de mon propre vampire, nominée au Grand Prix Afrique du Théâtre Francophone dans la catégorie Meilleur texte de théâtre. Depuis il a écrit une vingtaine de pièces qui ont été lues et jouées en Afrique et en France. Son théâtre s’inscrit dans une démarche d’engagement politique et citoyen. Elle cherche avant tout à raconter les maux de l’Afrique contemporaine avec une lueur d’espoir et invente une langue percutante, originale, nourrie d’une francophonie régionale. Son écriture, à la fois créatrice d’esthétique et documentaire, est centrée sur la quête de l’humain. Éric Dolphin Kwégoué est également comédien performeur et metteur en scène. Il dirige la compagnie de théâtre professionnelle de Douala Koz'art et depuis 2015 est directeur artistique du festival Compto’art54.
Son dernier texte, Taxiwoman – prix Esther de littérature théâtrale 2020 – est paru chez Lansman.

Note d'intention (extrait)

Après 25 ans à parcourir le monde à la recherche d’une formule miracle pour fraterniser les humains, qu’il juge de plus en plus distant de leurs vraies natures de créatures achevées, Zambarrigozzo, un savant anthropologue, de retour sur sa terre natale, est horrifié par tout ce qu’il découvre. Le village a changé de visage pour devenir un Eldorado des temps futurs. Les villageois·e•s sont devenu•e•s des sortes de machines à plaisir. Un florilège de gigantesques firmes industrielles côtoie la nouvelle cité au point de l’asphyxier. Les fils et filles d’immigré•e·s ont pris le pouvoir et on fait des vrais natif•ive·s des esclaves dans une mine au bord de la ruine. Au milieu de ce nouveau village fabriqué de toutes pièces pour satisfaire les egos, la vie a perdu son identité et son originalité. Mais heureusement il y a Mami Mengni la vieille gardienne des traditions et Fusié, l’enfant-génie dont les parents ont été offerts en sacrifice pour payer la dette des esprits du mal. Et voilà que Zambarrigozzo s’allie à la gardienne et à l’enfant-génie : tous trois entament une lutte sans merci avec les inventeurs du nouvel ordre. Vont-ils réussir dans cette entreprise qui semble perdue d’avance, pour la seule raison qu’ils s’attaquent à l’homme-pieuvre, le milliardaire qui a pris le contrôle de la cité? (…)

Ici, l’écriture se veut une rencontre de fiction et d’aspiration. On invente un monde à trois temps: l’avant qui est le fondement de l’équilibre, le maintenant qui est la totale opposition des énergies ou la contradiction et l’après qui est le désir de reconstruction ou la quête de la reconnexion avec le primordial. (…) Dans ce contexte de chaos, de survie, de quête et de transformation, l’écriture dramatique fera appel à d’autres modes d’expression comme la poésie, le slam, ou le théâtre de marionnettes. L’écriture sera portée par deux rythmes, le jazz pour les scènes poétiques et le métal pour des scènes en crises. Ces deux rythmes détermineront les enjeux, la densité et la musicalité de chaque tirade et chaque réplique. La langue, les langues s’y positionne(nt) comme un outil majeur, la chair de la fiction théâtrale. (…)

Éric Delphin Kwégoué

La Comédie de Valence
Place Charles-Huguenel 26000 Valence

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