FESTIVAL TEMPS DE PAROLE > SPECTACLE
- Ensorcelés par la mort - THÉÂTRE
- Le 22 janvier 2010,
20h, Théâtre de la ville - Svetlana Alexievitch l Nicolas Struve

d'après le livre éponyme de Svetlana Alexievitch—adaptation et mise en scène Nicolas Struve—traduction Sophie Benech—avec Christine Nissim, Stéphanie Schwartzbrod, Bernard Waver—scénographie Damien Caille-Perret—lumières Pierre Gaillardot—production Studio-Théâtre de Vitry—coproduction ARCADI, Compagnie L'oubli des Cerisiers et Compagnie Trois Quatre—avec le soutien du Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses—le texte est publié aux éditions Plon—spectacle accueilli dans le cadre de l'année France-Russie—durée 1h45
À travers trois destins, un bouleversant et lumineux témoignage de l'histoire de la Russie soviétique
Svetlana Alexandrovna Alexievitch, écrivain et journaliste biélorusse dissidente, a reçu de nombreux prix prestigieux pour son livre de témoignages toujours interdit en Biélorussie, “La Supplication - Tchernobyl, chronique du monde après l'apocalypse”. Depuis l'ouverture permise par la perestroïka dans les années quatre-vingt, elle mène un inlassable travail de fouilles au cœur des récents traumatismes de l'histoire soviétique. Attentive aux paroles vivantes, elle développe l'interview comme instrument de travail. Ces voix humaines, sensibles, particulières, recueillies au fil des années, composent aujourd'hui l'un des plus bouleversants témoignages de l'histoire et de la mémoire d'un peuple. “Ensorcelés par la mort”, paru en 1995, retrace de manière poignante la tragédie des enfants du socialisme.« Russie, début des années 90. L'URSS vient de cesser d'exister. Deux femmes, un homme parlent, tour à tour, du monde auquel ils ont cru. Des années durant, ils ont fermé les yeux sur ce qui se passait au nom d'un rêve qu'ils avaient embrassé – un idéal de justice… Ils ont travaillé, se sont mariés, ont eu des enfants et, même s'ils ont parfois senti le vent de la répression passer sur eux, ils ont vibré pour Gagarine, les plans quinquennaux, le premier mai, pour un bonheur qui semblait venir ; puis, tout s'est effondré. Ils se sont retrouvés nus, leurs rêves enfuis, avec pour seule compagne une vie ayant perdu tout sens… Alors ils ont voulu mourir – ceux-là n'y sont pas parvenus. Svetlana Alexievitch les a rencontrés, les a fait parler. “Ensorcelés par la mort” est né de la conviction que cette histoire est aussi la nôtre, que ces gens ne sont pas de lointains étrangers mais, en quelque sorte, des voisins de paliers ou des membres de notre famille, des cousins peut-être, qu'on ne verrait pas (assez) souvent. »
Nicolas Struve
« En travaillant pendant des dizaines d'années avec des documents, je suis parvenue à la conclusion qu'il ne fallait pas trop leur faire confiance, car toute leur valeur réside dans leur subjectivité, leur individualité. Ma solution consiste à mêler plusieurs destins qui se complètent, se taillent, se polissent les uns les autres. Il reste ainsi l'image du temps. Le mouvement du temps. »
Svétlana Alexievitch