FESTIVAL TEMPS DE PAROLE > SPECTACLE
- Le Roi Lear (solo) - THÉÂTRE
- Du 18 au 21 janvier 2010,
20h, la Fabrique - Shakespeare l Ovlyakuli Khodjakuliev—Anna Mele

texte William Shakespeare—mise en scène Ovlyakuli Khodjakuliev—avec Anna Mele—production Théâtre Awara—avec la complicité du Festival Passages—durée 1h00
Spectacle en turkmène surtitré en français
Spectacle en turkmène surtitré en français
Un comédien, seul en scène, réinvente Lear et lui donne des allures de conte oriental
Achkabad—TurkménistanTheatre Awara
Anna Mele joue seul “Le Roi Lear”. Comme son nom ne l'indique pas, c'est un homme, un Turkmène du Turkménistan. Jusqu'aux derniers jours de 2006, cette ancienne république socialiste soviétique d'Asie centrale était l'un des pays les plus fermés du monde, dirigée par un président à vie forcené du culte de la personnalité. Aucune forme d'opposition n'étant tolérée, les artistes n'avaient qu'à bien se tenir. Anna Mele et son double, le metteur en scène, Ovlyakuli Khodjakuliev, se sont rencontrés au Théâtre pour la jeunesse d'Achkabad il y a près de vingt ans. Après dix ans de collaborations officielles dans ce pays d'Ubu, ils ont osé créer un théâtre indépendant, qu'ils baptisent Awara (ce qui signifie “pèlerin” en turkmène). Alors que Khodjakuliev – pourtant un des metteurs en scène les plus en vue d'Asie Centrale – est contraint à l'exil en Ouzbékistan, Mele reste dans son pays, mais ils se retrouvent à chaque fois qu'ils peuvent mettre au point un projet de représentation à l'étranger. Ainsi cette adaptation pour acteur seul du “Roi Lear” de Shakespeare, où Anna Mele semble porter littéralement tout le théâtre turkmène sur son dos.
« (…) L'acteur arrive en courant, tourne autour d'un cercle imaginaire, il dépose ses accessoires qu'il porte dans un tapis de feutre attaché sur son dos et qu'il déroule. Il prend alors place sur ce tapis-scène où tout se passe. Vêtu de vieilles nippes, il porte autour du cou divers colifichets dont une louche de cuisine et une poupée de chiffon ornée d'un miroir sur le ventre. Tout cela lui donne l'air d'un chamane. Un errant, un gueux, un acteur ambulant. Il dispose ses bricoles sur le tapis. Trois figurines de bois (les trois filles de Lear) et le voici qui se met à raconter son histoire. C'est le Lear à la fin de la pièce, qui se remémore toute la pièce. (…) En une heure a lieu l'histoire de “Lear”. L'acteur replie son tapis avec ses accessoires et sort à pas lents. Shakespeare est devenu un conte oriental… »
Jean-Pierre Thibaudat