C'était en 1999, à l'Olympia à Paris, une salle comble mêlant émotion et ferveur. Sur scène, un quasi-octogénaire plus très solide dont la moitié de la salle connaissait par cœur les refrains et pressentait que ça risquait d'être le dernier concert public. Lili Boniche, le dernier survivant d'une culture judéo-arabe, s'est éteint dans la plus grande discrétion le 6 mars 2008. Il contestait d'ailleurs l'appellation “judéo-arabe”: « Est-ce qu'on dit d'un musicien musulman qu'il joue de la musique islamo-arabe ? Je joue de la musique arabe, un point c'est tout ». Star dans les années 30 et 40 à Alger comme à Paris, redécouvert dans les années 90, il a créé un style, typique de la musique populaire algéroise, où se mélangent flamenco, arabo-andalou, paso doble, mambo et tradition juive. Ses chansons mêlant paroles en français et en arabe, qui ont fait danser plusieurs générations de toutes confessions, proclament haut et fort que le plus sûr moyen de tuer une culture, c'est de la confiner.
Un credo que partage Salah Gaoua, “world rocker” nomade entre colline croix-roussienne et monts de Kabylie, musiques traditionnelles et variété française. Rassemblant des musiciens d'horizons divers, il orchestre en clôture du festival Temps de Paroles 2009 un concert hommage au crooneur de la casbah.
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