SAISON > SPECTACLE
- Le jeu de l'amour et du hasard - THÉÂTRE
- du 21 au 23 avril,
20h, Théâtre de la Ville - Marivaux l Michel Raskine

texte Marivaux—mise en scène Michel Raskine—avec Stéphane Bernard, Christine Brotons, Jean-Louis Delorme, Christian Drillaud, Marief Guittier, Guy Naigeon, Michel Raskine—décor Stéphanie Mathieu—costumes Josy Lopez—lumières Julien Louisgrand—assistant Olivier Rey—production Théâtre du Point du Jour (Lyon), La Rose des Vents (Villeneuve d'Asq), Le Bateau Feu (Dunkerque), Théâtre de Sartrouville, Le Granit (Belfort), Théâtre des 2 Rives (Rouen)—création 2009
“Le jeu de l'amour et du hasard” est la pièce la plus célèbre de Marivaux, la plus jouée, la plus commentée. C'est surtout la plus radicale, la plus économe. Elle est dense, glaciale et... brève, quasi mathématique. Algébrique, plus exactement. Deux + deux + deux personnages. Deux hommes et deux femmes, ou encore deux maîtres et deux serviteurs, soit deux couples de tricheurs, plus un père et son fils, organisateurs et voyeurs à la fois d'une "expérience", démarche chère au Siècle des Lumières.
Une comédie tragique, en somme. Une tragédie, peut-être ?
Nous tenterons nous aussi une expérience : faire jouer le quatuor d'amoureux déguisés par des actrices et acteurs qui n'ont plus vingt ans. Leur maturité et leur expérience, et de la vie, et de la scène, nous empêcheront de succomber à la trop commune musique des mots". Entendre -(ré)entendre ?- ce qui se dit, voilà l'idée.
Pas ou peu de “décor”, mais plutôt des fragments de dix-huitième siècle, comme par effraction. Par exemple, canapés d'époque par-ci par-là pour se poser ou se cacher, frondaisons sur toiles peintes, chandeliers, bougies et nappes damassées... Pas de basques élégantes ou de robes virevoltantes, mais des vêtements d'aujourd'hui et les corps égarés dans un espace vide et quasi nu. La rugosité du temps qui passe se chargera, pour ces vieux amants, de donner à ces danses d'amour la douce tristesse de la dernière passion. “Plaisirs d'amour ne durent qu'un moment, chagrins d'amour durent toute la vie...”
Michel Raskine, avril 2008