SAISON > SPECTACLE
- Nine Finger - DANSE-THÉÂTRE
- les 9 et 10 octobre,
20h, le Bel Image - Fumiyo Ikeda / Alain Platel / Benjamin Verdonck

Un spectacle créé par Fumiyo Ikeda, Benjamin Verdonck, Alain Platel, Anne-Catherine Kunz, Herman Sorgeloos—avec Fumiyo Ikeda, Benjamin Verdonck—coordination de la production Hanne Van Waeyenberge, Johan Penson—coproduction Rosas (Bruxelles), KVS (Bruxelles), De Munt–La Monnaie (Bruxelles) et le Théâtre de la Ville–Paris—avec le soutien des Autorités flamandes
durée 1h00 — spectacle en anglais surtitré en français
durée 1h00 — spectacle en anglais surtitré en français
Entre théâtre et danse, Alain Platel et deux figures de la scène belge esquisse le portrait cru, candide et sauvage d'un enfant soldat.
« Je parvins à faire s'évanouir dans mon esprit toute l'espérance humaine. » C'est sur cette épigraphe de Rimbaud que s'ouvre “Beasts of No Nation”, le roman coup de poing – encore inédit en français – du jeune auteur américain Uzodinma Iweala. Un texte direct, inconfortable, volontairement écrit dans un anglais rudimentaire, où Iweala regarde la perversité de la guerre à travers les yeux d'un enfant soldat. Basé sur ce roman, “Nine Finger” scelle la rencontre de trois figures de la scène belge : Fumiyo Ikeda, danseuse magnifique, qu'on a pu voir dans la plupart des créations de la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker ; Benjamin Verdonck, acteur prodigieusement transformiste, encore inconnu des scènes françaises ; aux manettes, Alain Platel, le célèbre chorégraphe et metteur en scène gantois. Sur le plateau, le portrait cru, candide et sauvage prend corps à travers les deux personnages, chacun d'une extrême physicalité. Lui, habité par « toutes ces voix dans sa tête qui lui répètent qu'il est un mauvais garçon ». Elle, figure dansée de l'autre, sa mère, son ami… Entre théâtre et danse,“Nine Finger” compose avec trois fois rien le paysage dévasté de l'outrage indicible que subit ici l'espèce humaine.
« Ikeda, Platel et Verdonck ont osé s'attaquer à l'impensable. Avec raison. Ils découpent le récit dans le vif grâce à un travail corporel et vocal virtuose. Ils ne tournent pas autour du personnage, ils le transpercent pour en évacuer l'horreur et la digérer. (…) Aucune illustration plate dans “Nine Finger” mais une subversion scénique de la brutalité. Et beaucoup d'amour pour l'enfant soldat. »
Rosita Boisseau, Le Monde